Le pouletier coquin 1

Le commerce de poulet

5 heures du matin, tu es réveillé par le chant du coq, le chant électronique qui retentit chaque matin pour t’extraire du monde merveilleux des rêves et te ramener à celui-ci, le monde du travail, le monde de la fatigue pendant des heures, pour ensuite t’amuser encore un peu, et enfin tomber au lit, jusqu’à ce que le coquelet numérique chante à nouveau, et le cycle se répète.

Ton petit déjeuner se glisse dans ta bouche, si vite que tu ne peux pas le goûter, tu sais que si tu ne te dépêches pas, tu n’arriveras pas ponctuellement au marché central de la cité, les autres volaillers accapareront la meilleure matière et il ne restera que les poules du fond, les écrasées, les laides, les difficiles à vendre.

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Tu qui aimes les livres, dis-moi

QUELS SONT CES LIVRES DÉMODÉS
QUE TU AIMES TANT LIRE ET ÉTUDIER ?
CAR JE VEUX BEAUCOUP LEUR DEMANDER UNE CHOSE :
QUE SENT-ON LORSQU’ON EST LU PAR TOI ?

COMMENT EST-IL SPLENDIDE D’ÊTRE
SOUDAINEMENT CHOISI ET PRIS PAR TES MAINS,
CARESSÉ PAR TES DOIGTS TRÈS SENSUELS,
ET VU PAR TES YEUX, PARTOUT ?

LIGNE À LIGNE, LETTRE PAR LETTRE
OH, QUELLE AUDACE ! EUPHORIE EXTATIQUE !
COMMENT SURVIVRE À UNE ALLURE AUSSI RAVISSANTE ?

COMMENT EST-CE QU’ENTRE TES MAINS TIÈDES ET TENDRES,
AU MILIEU DE LA LECTURE —VERA VICTORIA !—,
NE BRÛLENT JAMAIS, SUBITEMENT, LES LIVRES CONTENTS ?

L’idéal de la renaissance et l’idéal contemporain

L’idéal de la renaissance était être polymathe, apprendre du monde dans tous ses aspects, et le profiter de la même façon : faire musique, faire poésie, faire mathématique, faire philosophie, tout pendant la même vie. Est-ce que l’idéal contemporain d’avoir argent, d’être financièrement indépendant, de boire alcool, d’avoir un travail monotone, de perdre le temps en faisant de choses idiotes parce qu’on n’a rien d’énergie déjà car le travail ou les études —qu’on fait seulement pour pouvoir avoir travail et argent après— en ont ravi toute, est mieux ? Est-ce que vous croyez que nous sommes mieux maintenant ?!

Monsieur l’ex-président a une nouvelle petite amie

Le président antérieur a une nouvelle petite amie, une femme jeune blonde et, peut-être, folle —car on doit avoir beaucoup de folie pour vouloir être avec ce clown—; je fus informé de cette notice tandis que j’écoutais musique si sucrée qui est encore douce malgré l’âge;;; ceci me fit réfléchir sur l’obsession idiote avec la jeunesse. Pourquoi il y a beaucoup de personnes qui font tout pour avoir la jeunesse, si celle-ci a démontré être fréquemment tellement absurde et naïve?

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Sur définir la félicité en termes d’autre chose

Peut-être que la félicité (le bonheur, l’allégresse) ne doit pas être définie en termes d’autre chose que l’expérience de la félicité elle-même. Inhérente à notre être, immatérielle. Je pense à ceux qui la réduisent à des termes neuroscientifiques, ou qui la réduisent à d’autres idées ou émotions, ou qui veulent donner des explications quasi-mathématiques (on est heureux quand on tend vers l’unité…). Un état de l’âme ne peut s’expliquer universellement par une règle (mon âme est heureuse si elle trouve la paix ou la simplicité…). On ne peut pas expliquer pourquoi la « félicité » surgit soudainement avec une combinaison (d’où vient la félicité avec cet état qui la génère supposément?). Il ne peut y avoir aucune explication d’émergence dans une théorie ; dire que quelque chose émerge, ce n’est pas expliquer.

La félicité a sempre été là, la félicité infinie dans mon âme éternelle, elle est seulement affectée par les diverses circonstances.

De toute façon, je sais que :

  1. Même si c’est un état de mon âme en général ou une partie spécifique, elle est sempre en moi, est mon âme même. Ergo…
  2. Je n’obtiens pas la félicité des choses et celle-ci ne émerge pas ni m’est pas donnée. Mais les circonstances l’affectent, comme elles affectent généralement toute mon âme. Donc la façon ultime « d’obtenir » la félicité sera la circonstance qui la limite le moins, et non celle qui donne la parité, l’unité, la paix ou quelque chose similaire. L’union ou tout autre phénomène ne génère pas de félicité, mais dans quelques circonstances, la félicité est moins limitée.

Un monde meilleur est inconcevable si l’égalité est aussi inconcevable

Hier soir, après avoir parlé —plus pour la force des choses que pour plaisir— avec un historien de l’État, je compris que la principale raison pour laquelle il est impossible pour beaucoup de gens de penser et d’agir pour chercher un monde meilleur, c’est qu’ils trouvent inacceptable de croire que nous sommes tous égaux ou que nous avons tous le même potentiel intellectuel.

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Tu qui n’eus jamais la confiance

Tu qui n’eus jamais la confiance de me donner ton numéro de téléphone. Quand tu promènes pour le parc et trouves un homme solitaire, assis à côté d’une guitare qui semble n’avoir pas été jouée en semaines, en buvant d’une flasque argentée, ne fuies ni craignes rien en pensant qu’il est un étrange vicieux périlleux… Sois tranquille, car il pourrait être non un étrange mais ton ami vicieux périlleux qui ne réussit pas à t’inviter à boire au parc parce-qu’il ne te put pas appeler parce-qu’il ne sut pas ton numéro de téléphone.