Tu qui aimes les livres, dis-moi

QUELS SONT CES LIVRES DÉMODÉS
QUE TU AIMES TANT LIRE ET ÉTUDIER ?
CAR JE VEUX BEAUCOUP LEUR DEMANDER UNE CHOSE :
QUE SENT-ON LORSQU’ON EST LU PAR TOI ?

COMMENT EST-IL SPLENDIDE D’ÊTRE
SOUDAINEMENT CHOISI ET PRIS PAR TES MAINS,
CARESSÉ PAR TES DOIGTS TRÈS SENSUELS,
ET VU PAR TES YEUX, PARTOUT ?

LIGNE À LIGNE, LETTRE PAR LETTRE
OH, QUELLE AUDACE ! EUPHORIE EXTATIQUE !
COMMENT SURVIVRE À UNE ALLURE AUSSI RAVISSANTE ?

COMMENT EST-CE QU’ENTRE TES MAINS TIÈDES ET TENDRES,
AU MILIEU DE LA LECTURE —VERA VICTORIA !—,
NE BRÛLENT JAMAIS, SUBITEMENT, LES LIVRES CONTENTS ?

Songe céruléen

Je te songeai hier :
Pneuma, vent, oiseaux, amour…
Deux cordes et un bandonéon.

Des poèmes avec ma plume, je t’esquissai :
encre bleue sur ta peau de papier.

Haleines euphoriques :
transmutation fascinante ;
fenêtres en platine
et non en cristal.

Le tango
aviva ton magnétisme,
en chantant
nos corps unîmes,
et avec buée
les étoiles estompâmes.

« Dites non à l’impossible »
ils m’avertirent,
mais ils ne te connurent jamais.
Et moi non plus.